Ouvrons nos cœurs, ouvrons nos fenêtres !

Chers habitants du Pays Thur-Doller,
je vous transmets le message poignant qu’une amie infirmière, cadre dans un centre hospitalier haut-rhinois vient de m’envoyer. Nous sommes presque tous confinés et donc protégés de ce fléau et, comme nous le savons, il n’en est pas de même pour tous. Les forces de sécurité, les forces de l’ordre, toutes celles et ceux qui assurent notre alimentation, notre information mais surtout les personnels soignants dans les hôpitaux qui sont en première ligne et qui se dévouent corps et âmes tous les jours dans des conditions très, très dures pour accueillir les malades qui arrivent en masse. Ils sont admirables d’abnégation, de courage et de dévouement.

Alors, unissons-nous et ouvrons nos cœurs et nos fenêtres tous les soirs à 20 heures pour les acclamer et leur marquer ainsi notre solidarité et notre reconnaissance.

Même dans nos villages aussi petits soient-ils, même si nos maisons sont plus éloignées les unes des autres que dans les villes, même si dans son quartier on est encore seul à le faire, allons faire du bruit et crier notre amour pour celles et ceux qui se donnent pour nous, croyez-moi ils entendront nos clameurs et cela leur fera très, très chaud au cœur.

Nous avons besoin d’eux, que ferions-nous sans eux ?

Merci !

François Horny  Président du Pays Thur-Doller
Maire d’Aspach-Michelbach

 

« Merci François. A l’hôpital, chacun, quel que soit sa fonction, apporte sa pierre à l’édifice.

Demain par exemple (mon 6ème jour consécutif de travail), je vais plier du linge à la lingerie de l’hôpital. La cadence des machines n’arrive plus à absorber le surplus dû à l’activité débordante. Ce n’est rien, mais c’est important. Celles et ceux qui travaillent à l’hôpital accumulent en ce moment des expériences, des souvenirs, des images horribles qui transformeront leur vie. On n’est jamais prêt à vivre ce qui se déroule en ce moment dans les services de réanimation et dans les autres services qui accueillent les patients atteints par le Covid-19. Dans cette ambiance plutôt déprimante je trouve formidable que chacun de nous puisse manifester son respect pour mes collègues, tous les soirs à 20 heures.

François, si tu penses que c’est une belle cause, tu peux appeler nos concitoyens à s’unir pour acclamer tous les femmes et hommes qui font preuve de tant de courage pour permettre aux malades de s’en sortir. Car cela durera encore longtemps, et il faut que les soignants sachent que tant qu’ils travailleront à lutter contre ce virus nous serons solidaires, chaque jour, chaque soir.

J’étais à la maison hier soir à 20h, un peu seule à applaudir par ma fenêtre dans mon village  de campagne mais j’entendais au loin des cris et des bravos et j’en ai eu les larmes aux yeux. Outre sa vocation première qui est de remercier les soignants, ce moment me paraît également propice à faire ressentir à tous une union dans un élan partagé. Dans notre monde individualiste, contraint aujourd’hui au confinement, ça ne peut que nous faire du bien.

Autre vertu : chacun (même et surtout les enfants !) peut crier, se lâcher, ce qui, dans des conditions de confinement, peut être sacrément bienvenu ! Une sorte de défoulement collectif quotidien pour petits et grands. Et puisque je parle des enfants, voilà une belle manière de les sensibiliser à la solidarité, à  la compassion, au respect. J’ai même trouvé un slogan pour les plus petits : « On dit bravo… et au dodo ! »

Au final, ces retrouvailles à 20 heures sont à mon sens une manifestation très vertueuse, simple et facile, et qui nous permettra de montrer tout notre respect pour les soignants, de les remercier et de faire parvenir nos encouragements jusqu’à leurs oreilles.»