Histoire de nos Anciens 

Connaissez-vous la signification du BELIER ?

Emblème : Son origine est associée à la ferme seigneuriale « Schaeferhof ». Ce grand domaine fort de 1200 bêtes (béliers, moutons et agneaux), était voué au pâturage, puisque près de 210 ha étaient incultivables. Le Schaeferhof se situait sur le ban d’Erbenheim à l’Ochsenfeld ; on peut encore y apercevoir la croix.

L’emblème du bélier a été complété par la croix de guerre 1914-1948.

D’où provient notre surnom SCHOLLA BAERA KETTEL ?

Petite histoire sur le « scholla baera kettel ». De très nombreux poiriers étaient plantés aux extrémités des champs aspachois. C’est une variété de poirier très ancien et à récolte tardive. On peut encore en trouver dans le village, notamment dans la rue du Jura. Couramment utilisé pour la fabrication du vin, les poires (baera) n’étaient consommées qu’occasionnellement en cuisine par nos ancêtres. Elles étaient posées sur les pommes de terre en robe des champs lors de leur cuisson, mais étaient peu appréciées.

Les poires tombaient sur les mottes de terre (scholla) et étaient ramassées en automne lorsque les champs étaient labourés. L’automne était installé et le paysan se munissait déjà de sa veste (kettel).

Quelques souvenirs de nos anciens – Années 1934-1935

  • L'école autrefois

    Politesse, respect et courtoisie étaient de coutume. Les cours dispensés par des religieuses jusqu’en 1949 se déroulaient de 8 à 11 h et de 13 h à 16 h. Le jeudi était libéré. Un cahier « calligraphe », une ardoise et un porte-plume composaient notre cartable. Durant la guerre, seuls les cours du matin étaient dispensés à l’école. Pendant l’occupation allemande, les cours étaient assurés en allemand.

    Lors des vacances scolaires, nous ne connaissions pas l’ennui. Nous étions bien occupés en aidant nos parents et exécutant des travaux sommaires à la ferme. La garde robe était identique pour tous les enfants. Nous portions des sabots et étions vêtus d’un tablier noir porté soit sur un bermuda pour les garçons, soit sur une robe pour les filles. Cette tenue était de coutume été comme hiver. Arrivés à l’école et à l’église, nous troquions nos sabots pour des pantoufles.

  • Hiver rude

    Les hivers étaient très rigoureux et nous connaissions de longues périodes de neige et de verglas. Hiver glacial rimait avec cours d’eau gelés, ce qui nous permettait de luger sur la rivière. La rareté des voitures nous permettait d’emprunter la rue principale, descente allant de l’actuelle maison ROTH et le café CHEZ BRIGITTE. Nous nous retrouvions le soir avec bonheur dans le cocon familial autour du poêle à bois.

    La guerre était toute proche.
    En août 1938, première alerte. La crainte de l’inconnu se lisait sur nos visages.
    En août 1939, la mobilisation était affichée près de l’église.

    De nombreux aspachois ont alors quitté le village pour le front. Ce sont des moments forts qui restent gravés dans nos mémoires.

  • Comment et où viviez-vous pendant la guerre ?

    En 1939/1940, les soldats français vivaient dans nos maisons et granges. La plupart du temps, nous campions dans la cave, principal lieu de refuge lors des alertes. Lorsque le village était occupé par les allemands (1944), nous cohabitions avec eux, sans autre choix. Tous les habitants élevaient une vache et un bœuf. Aspach-le-haut se trouvait encerclé par les allemands qui étaient basés à St André et les français qui se trouvaient à Michelbach/Guewenheim. En janvier 1945, par crainte que le village soit bombardé comme en 1914/1918, nous devions, par mesure de précaution, précipitamment quitter le village sous de fortes chutes de neige, destination l’usine Isidore André à Masevaux. Nous étions déplacés à bord de camion GHC et 30 cm de neige couvraient le sol. Notre paquetage était composé essentiellement de couverture et de nourriture, à raison de 50 kg par habitant. Seule une quinzaine de personnes sont restées au village pour nourrir les bêtes.

    Notre séjour a duré une journée ou deux. Nous ne pouvions quitter les lieux dans la seule condition d’être hébergé par des amis ou de la famille dans des villages non occupés. Le pire souvenir était la difficulté de trouver un logement où se réfugier. Le retour dans nos maisons était difficile car elles étaient bien souvent occupées par des français peu regardants. Certains d’entre nous ont retrouvé leur maison dans un état pitoyable. Les meubles avaient trouvé place dans les granges et les pièces avaient été garnies de paille. Durant l’occupation allemande, les jeunes aspachois étaient contraints de se rendre à Wittelsheim pour effectuer des tranchées. Ils n’avaient alors que 13 à 14 ans.

    De nombreuses maisons avaient été endommagées. Des cartons remplaçaient provisoirement les vitres, en attendant que les réparations soient effectuées. L’église a souffert de la guerre ; le clocher était abîmé, seule une cloche a résisté à la guerre. Tout de suite après la guerre, le blé manquait et a été remplacé par du maïs.

    Souvenir du ramadier kucha.

  • À quoi ressemblait notre village après la guerre ?

    La vie d’après-guerreLes garçons ont très rapidement trouvé une place d’apprenti, ils n’avaient alors que 14-15 ans.Les filles étaient quant à elles éduqués pour entretenir la maison. Certaines ont suivis quelques mois de cours à l’école ménagère. D’autres ont rapidement pris leur place dans la ferme familiale.DiversFête de la libération Les Waldfacht et kilbes instaurées après la guerre ont rythmés notre jeunesse. C’était un rendez-vous mémorable, où se côtoyaient toutes générations confondues.Des souvenirs inoubliables, qui étaient sûrement accentués par un sentiment de liberté retrouvée, nous reviennent…